En 2021, deux tiers de la population mondiale possède un téléphone mobile (5,2 milliards de personnes sur 7,8 milliards d’habitants), 60 % de l’humanité (4,7 milliards de personnes) dispose d’un accès à Internet et plus de la moitié est active sur les réseaux sociaux (4,2 milliards de personnes). Il ne paraît pas présomptueux en 2022 de faire l’hypothèse que quasiment 100 % des entreprises du monde sont informatisées. Pour elles, la « digitalisation des process » de production de biens et services, de distribution, de la relation avec clients et fournisseurs ou des chaînes d’approvisionnement est une nécessité, un facteur essentiel de compétitivité. D’ici deux ans, le commerce électronique devrait représenter un marché de plus de 800 milliards de dollars, propulsé par l’émergence du « Metaverse » et des NFT. Pour les États, les enjeux de la « digitalisation » participent également de la nécessité de moderniser le fonctionnement des services publics et de renforcer leur efficacité, des prestations liées à la recherche d’emploi à la santé en passant par l’éducation ou le paiement de l’impôt.
Dans ce contexte, les enjeux de la cybersécurité sont gigantesques. Car, ce qui d’un côté s’impose comme une nécessité de modernisation, un avantage compétitif ou une caractéristique du développement économique apparaît aussi comme une extraordinaire source de vulnérabilité si les systèmes et les données ne sont pas bien protégés. Nous pouvons ainsi admettre que les risques liés à la cybersécurité comptent probablement, avec les sujets de santé publique et du changement climatique, parmi ceux qui concernent le plus grand nombre d’êtres humains sur cette planète. C’est probablement la raison pour laquelle le Président de la Réserve fédérale américaine citait en avril 2021 les cyberattaques comme le principal risque pour la stabilité du système économique mondial. Selon un rapport du Forum économique mondial, le risque cyber est celui qui a le plus augmenté pendant la crise de la COVID-19 2. Du côté européen, l’ajout anticipé de la cybersécurité dans la taxonomie sociale européenne prouve que ce secteur est central dans la construction d’écosystèmes plus résilients.
C’est donc à ce thème que nous dédions notre lettre. Non seulement parce que le sujet est d’une importance capitale pour les entreprises dans lesquelles nous investissons ainsi que pour nos partenaires, fournisseurs, investisseurs et actionnaires, mais aussi parce qu’ayant identifié cette tendance de fonds comme l’une des opportunités d’investissement les plus significatives des prochaines décennies, nous disposons d’une expertise unique en Europe, apportée par une équipe d’investissement expérimentée, gérant le plus grand fonds de « private equity » dédié à la cybersécurité en Europe. C’est avec cette équipe que nous écrivons ces lignes pour partager avec nos lecteurs notre approche de ce sujet si stratégique.
CIO Letter mai 2022 FR