Publication 01.06.2022

« Expert insight » Europe : l’une des opportunités d’investissement les plus significatives dans une économie en voie de démondialisation

Thomas Friedberger

Thomas Friedberger

Directeur général adjoint et co-directeur des investissements (CIO) de Tikehau Capital

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L’accélération fulgurante du processus de mondialisation après la chute de l’Union Soviétique a consacré la domination économique des États-Unis et l’émergence de la Chine comme son potentiel successeur au rang de leader de l’économie mondiale. De l’autre côté, c’est une Europe en perte de contrôle face à ce phénomène de mondialisation au XXe siècle qui doit affronter les défis du début du XXIe. Face à ces deux géants, l’Europe devait alors trouver sa voie pour se réinventer tout en ménageant ces super-puissances : l’une parce qu’elle assure sa protection militaire et a imposé sa devise dans les échanges internationaux, l’autre parce qu’elle est un partenaire commercial incontournable à l’autre extrémité d’un même bloc eurasiatique. Des trois grands blocs économiques, l’Europe est de loin celui qui dépend le plus des échanges mondiaux. Et pour cause, alors que les entreprises américaines et chinoises ont pu se développer sur un marché domestique vaste et homogène, les entreprises européennes ont dû batailler pour se développer en dehors de leur pays d’origine, à l’intérieur même de l’Union. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles l’Europe ne possède pas de grand champion de la technologie. Amazon, Google, Tencent ou Alibaba ont pu accéder à de gigantesques marchés domestiques de la donnée. À l’inverse, les sociétés du même secteur espagnoles ou belges ne peuvent accéder aux données allemandes ou italiennes.
Les différences linguistiques, législatives et culturelles ont rendu difficiles l’éclosion de champions européens. Dans certains secteurs comme celui des transports, les institutions européennes ont par ailleurs historiquement considéré l’émergence de champions européens comme une menace à la concurrence. Les entreprises en Europe se sont donc tournées vers l’exportation sans pour autant bénéficier d’une base domestique forte à l’échelle du continent.